DECLARATION
La Commission pour l’Afrique trouve les conditions
de vie de la majorité des Africains intolérables
et un affront à la dignité de toute l’humanité.
Nous insistons sur la modification de ces conditions
par un changement de politique en faveur des faibles.
Après avoir analysé la manière d’y
parvenir et le coût que cela suppose, nous demandons
que nos conclusions soient appliquées immédiatement
au nom du droit et de la justice et au nom de notre humanité partagée.
À
l’aube de ce nouveau siècle, à une époque
de richesse et de progrès économique sans
précédent sur tous les continents, il est
inacceptable que l’Afrique s’éloigne
davantage encore du reste du monde, sans être vue
dans sa misère, laissée à sa souffrance. La Commission, dont les membres agissent à titre
personnel, a assimilé des années d’analyse
et tous les rapports disponibles dans ses conclusions,
lesquelles montrent clairement comment les choses auraient
pu être autrement.
Nous vivons toutefois dans la réalité d’aujourd’hui.
Le monde est très différent de ce qu’il était
il y a 20 ans, lorsque nous avons découvert avec
stupeur l’horreur de la grande famine africaine
de 1984-1985. Le monde, qui était alors paralysé dans
sa stase politique de la guerre froide, ne voulait pas
sortir de ses idéologies concurrentes. La sortie
de cette impasse et l’accroissement du commerce
mondial qui s’est ensuivi, alliés à l’émergence
des nouvelles technologies et aux changements culturels,
ont créé un monde plus fluide, moins prévisible
et pourtant plus interdépendant.
Ce monde en perpétuel changement a apporté des
opportunités fabuleuses en même temps que
la confusion, le changement et l’anxiété.
Mais un tel changement crée de grandes possibilités
pour nous tous et surtout pour l’Afrique, ce grand
géant qui commence enfin à sortir de son
sommeil forcé. Nous devons donc chercher à comprendre
ces nouvelles forces qui sont en jeu autour de nous,
tenter de les définir et, ce faisant, établir
le cadre de politiques favorables aux pauvres.
Alliées à leurs voisins d’Afrique,
les grandes nations du monde doivent maintenant agir
ensemble, dans notre intérêt commun. Leur
manière de procéder sera déterminée
par les besoins et les désirs de chaque pays.
Mais tous doivent s’engager immédiatement
sur la voie qui mène à la destination finale
commune d’un monde plus équitable.
Notre tâche était le premier pas. Elle
est accomplie.
11 mars 2005
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