Commission pour l’Afrique : Mise
en application des résultats
16 - 20 mai 2005
Les prémisses de la conférence de Wilton
Park organisée en association avec la Commission
pour l’Afrique ont été ponctuées
par une intervention de Bob Geldof. Cette star du rock
et militant contre la pauvreté compte, aux côtés
du Président éthiopien et du Premier ministre
tanzanien, parmi les 17 commissaires nommés par
le Premier Ministre britannique Tony Blair lors de la
création de la Commission pour l’Afrique
en 2004.
Gauche – Intervenants
de l’UNIFEM,
Nomcebo Manzini et Letty Chiwara
Droite - Myles Wickstead,
Responsable du Secrétariat
de la Commission pour l’Afrique, avec des participants à la
Conférence.
La Commission cherche à jeter un nouveau regard
sur l’Afrique et sur le rôle joué par
la communauté internationale dans son développement.
Malgré le fait que l’Afrique affiche un
véritable retard par rapport à certaines
autres régions mondiales, des améliorations
en matière de gouvernance, de paix et de sécurité ont
récemment pu être observés, de même
qu’une attitude bien plus sérieuse envers
l’endiguement de la pauvreté. En termes
plus concrets, ceci signifie que la communauté internationale
est désormais en mesure de soutenir les efforts
de l’Afrique. Dans un certain nombre de pays africains,
la croissance économique a dépassé les
5 % par an au cours de ces dernières années,
indiquant que l’objectif de doubler l’importance
de l’économie africaine au cours de 10 prochaines
années (exigeant une croissance annuelle de 7
%) est tout à fait réalisable.
M Geldof, fondateur de Band Aid et de Live Aid en
1984, a souligné le fait que l’année 2005
constituait une chance unique pour pouvoir réaliser
un considérable bond en avant. En effet, outre
la présidence de l’Union Européenne
par la Grande-Bretagne et la présence du sommet
du G8 sur le territoire britannique, nombreux sont les
facteurs convergents : le Premier Ministre et le Ministre
des finances sont vastement impliqués dans ce
projet, les institutions africaines, notamment l’Union
Africaine et le NEPAD (le nouveau partenariat pour le
Développement de l’Afrique), sont désormais
prises au sérieux et les chefs d’état
des Nations Unies se réuniront en septembre pour évaluer
les progrès réalisés en vue des
objectifs de développement définis pour
le millénaire.
Geldof, qui milite pour l’Afrique depuis plus
de 20 ans, a exprimé sa “perpétuelle
consternation face à l’aggravation des conditions
en Afrique”. Il accusa le manquement des pays les
plus riches à résoudre la question de la
dette, du commerce équitable et des niveaux de
l’aide et ce, malgré 35 ans de compromis
pour obtenir un maigre 0,7 % du PIB consacré à l’aide
versée au continent africain. Seule une solution
globale pourrait aider l’Afrique, dont les échanges
ne représentent à l’heure actuelle
qu’un maigre 2 % du commerce mondial.
Citant les
conclusions de la Commission, il insista sur le fait
que les conditions en Afrique, un continent pourtant
riche et présentant un potentiel incroyable, étaient “intolérables
et constituaient un véritable affront pour l’humanité”.
Que, bien plus qu’un devoir moral, le rétablissement
de l’équilibre se voulait une véritable
nécessité. Qu’il était crucial
de saisir cette chance “de s’attaquer à ces
problèmes car elle pourrait bien ne pas se reproduire
pour les gens de ma génération". Geldof
mit également l’accent sur l’importance
vitale d’aborder le G8 avec détermination
pour pouvoir obtenir des résultats et d’éviter
toute “approche cynique". Il conclut : “Il
est tout à fait clair que nous devrons faire tout
ce qui est en notre pouvoir, faute de quoi nous courrons
vers un échec motivé par le cynisme. Pour
ma part, je ne pourrais jamais accepter la vision d’un
vingt-et-unième siècle où des millions
d’individus meurent faute de moyens dans un monde
ravagé par le surplus. Ça, je refuse !"
Ci-dessus – Intervention de Bob Geldof lors
du dîner conférence
En 1984, Bob Geldof
lançait le projet Band Aid,
une mission caritative destinée aux victimes de
la famine en Afrique. En 1985, il organisait le célèbre
concert Live Aid puis Sports Aid en 1986. Suite à quoi
il établit la fondation Band Aid Trust pour distribuer
les 150 000 000 $ récoltés. Band Aid œuvre
toujours dans huit pays d’Afrique. En 1986, il
fut récompensé pour son oeuvre par un titre
de Chevalier et fut nommé à trois reprises
pour le Prix Nobel de la Paix.
Recommandations de la Commission :
- Amélioration de la gouvernance en Afrique par
l’intermédiaire du Mécanisme de
révision
des pairs africains;
- Priorité ciblée sur la prévention
des conflits ;
- Renforcement de l’éducation et des systèmes
de santé, tout particulièrement avec
une intervention dans le domaine du SIDA et du VIH;
- Augmentation annuelle de la croissance des économies
africaines de 7 % d’ici 2010 (économies
doublées tous les 10 ans);
- Amélioration des conditions commerciales de l’Afrique
;
- Augmentation de 25 milliards de dollars de l’aide
accordée sur une période de 3 à 5
ans ; et
- Allègement considérable de la dette.
Sont intervenus lors de cette conférence qui s’est
déroulée du 16 au 20 mai dernier :
Letty Chiwara
Responsable intérimaire de l’Afrique,
UNIFEM, New York;
Richard Feachem
Directeur général du Fond mondial pour
la lutte contre le SIDA, Tuberculose et Malaria, Genève;
John Githongo
Ancien conseiller en matière de lutte contre
la corruption auprès du président du
Kenya;
Dapo Oyewole
Directeur général du Centre for African
Policy and Peace Strategy (CAPPS), un organisme de
Stratégies
politiques et d’instauration de la paix en Afrique;
Londres
Michael Walton
Professeur de l’université de Harvard et
co-directeur du World Development Report 2006 en matière
d’"Égalité et de développement",
Banque mondiale, Washington DC;
Myles Wickstead (Responsable du Secrétariat) et
Sir Nicholas Stern (Ancien Économiste en chef
de la Banque Mondiale) ont expliqué les propositions
détaillées du Rapport de la Commission.
» Pour
obtenir une copie du programme de la conférence,
cliquez ici. (anglais) [ ]
» Pour
obtenir un rapport de la conférence dès
sa publication, cliquez ici. (anglais) [ ]
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