La Commission pour l'Afrique. Pour une Afrique puissante et prospère.
English Site
AccueilRapportÀ propos del la CommissionMembres de la CommissionConsultationPour les écolesRecherche
Historique du la Commission Objectif Thèmes Secrétariat Réunions de la Commission Salle de presse FAQs Programme
23 novembre - Abuja, Nigeria

Réunion d’un groupe de Ministres de finances africains tenue le 23 novembre 2004 au Nicon Hilton Hotel, à Abuja, en vue de délibérer du Document de consultation soumis par la Commission Africaine.

INTRODUCTION

Sur l’invitation de l’Honorable Ministre des finances du Nigeria, le Dr. Ngozi Okonjo-Iweala, les Ministres des finances du Burkina Faso (S.E. Jean-Baptiste Compaore); du Ghana (S.E. Yaw Osafo-Maafo), du Rwanda (S.E. Donald Kaberuka) et des représentants du Cameroun (M. Daniel Lamere Njankouo, Secrétaire permanent du Ministère des finances) se réunirent en vue de délibérer de l’ébauche de document de Consultation de la Commission Africaine et de collaborer ainsi aux travaux de la Commission pour l’Afrique.

La Commission pour l’Afrique a été créée à l'initiative du Royaume-Uni dans le cadre de ses fonctions à la Présidence du G8 et de l'Union Européenne.

OBSERVATIONS

Les Ministres remarquèrent que le document était complet et que la plupart des problèmes fondamentaux avaient été identifiés. Ils notèrent également que les travaux de la Commission étaient encore "en cours de réalisation". Ils observèrent que ces travaux devraient compléter le Programme de développement africain du NEPAD et de l'Union Africaine.

En vue des ressources limitées et des besoins conflictuels rencontrés dans le développement de l’Afrique, les Ministres mirent l’accent sur la nécessité de donner la priorité à plusieurs domaines devant faire l'objet de toute l'attention et de toute l'assistance requise de la part des gouvernements africains comme de leurs partenaires venant les aider dans leur développement. Les infrastructures, l’agriculture, les sciences, la technologie et l'éducation secondaire dans ces domaines furent identifiées comme les principales priorités pour permettre à l'Afrique de réaliser ses objectifs de développement et de développer d’une vision d’avenir. De plus, une telle concentration sur ces domaines permettrait indirectement l’amélioration des niveaux de santé publique, d'éducation et de pauvreté.

Domaine de priorité n°1
Infrastructures
Les Ministres notèrent l'importance d'un réseau d'infrastructures de qualité pour pouvoir sous-tendre la croissance économique et le développement. Le modèle de développement des infrastructures mis en place dans le continent après l’indépendance a été reconnu comme inadéquat en raison des différentes normes d’un pays à l’autre et du manque d’attention à assurer un entretien et une maintenance corrects. Aussi, les Ministres s’accordèrent-ils sur une nouvelle approche de développement des infrastructures en Afrique qui mettrait en application des normes uniformes, une culture de service et d’entretien, ainsi que des liaisons entre les différents pays, le tout au sein d'un programme synchronisé. Les Ministres surlignèrent la nécessité d'harmoniser leurs politiques de mise en place d'infrastructures en vue de favoriser des liaisons régionales et d’assurer ainsi une certaine cohérence au niveau du développement.

Les Ministres s’accordèrent sur le fait que le continent africain doit venir se placer de sorte à devenir la prochaine destination économique mondiale de choix en matière d’emploi, à la manière de l'Asie depuis les 20 dernières années. L'Afrique pourrait ainsi développer ses institutions et ses infrastructures de sorte à attirer les investisseurs. Mais ceci ne peut se produire qu’avec la mise en place de structures de base et l’établissement d’autres facteurs favorables. Les travaux de la Commission doivent donc donner priorité aux infrastructures et développer tout particulièrement des méthodes et des stratégies de mise en place de tels services.

Domaine de priorité n°2
Science et Technologie
L’aspect compétitif des économies africaines serait déterminant pour l’avenir du développement économique du continent. La question des sciences et de la technologie en tant que vecteur du processus devrait donc figurer au cœur des préoccupations.

L’ingénierie, les sciences et la technologie devraient constituer la force directrice derrière la modernisation des économies africaines. Elles permettraient de stimuler la productivité et la croissance nécessaires à la création d'emplois et à l'endiguement de la pauvreté. C’est dans un tel contexte que les ministres soulignèrent la nécessité de l’adoption de mesures permettant à l'Afrique de moderniser son secteur tertiaire et d'instaurer des centres d'excellence, tout particulièrement dans les domaines des sciences et de la technologie de l’information dans la mesure où le développement économique, à l’heure actuelle comme à l’avenir, est basé sur les connaissances et l'information.

Domaine de priorité n°3

Agriculture
Les Ministres identifièrent le développement économique comme un élément fondamental de l’avenir du continent. Ils estimèrent que l'Afrique présentait un formidable potentiel en matière de production alimentaire et ne voyaient aucune raison pour laquelle elle serait incapable de s'alimenter. L’utilisation de techniques modernes permettrait d’améliorer et de développer le niveau de production actuel. Ils mirent l’accent sur le fait que l'obtention d’une sécurité alimentaire pour l'ensemble du continent constitue l’objectif minimal à atteindre. Ils soulignèrent également la nécessité de s’appuyer sur ce secteur pour servir de tremplin au développement des matières premières. Dans cet objectif, ils insistèrent sur le besoin d'introduire une valeur ajoutée dans le processus de production agricole afin de stimuler l’emploi ainsi que les opportunités de croissance au niveau local au sein des différentes économies.

Financement et allègement de la dette

La dette entrave désormais véritablement le développement africain ; aussi est-il primordial de reconsidérer les méthodes d'analyse et de gestion employées vis-à-vis de celle-ci. Les méthodologies actuelles, tout particulièrement l’”analyse de durabilité de la dette” sont malheureusement inadéquates et inadaptées en ce qu’elles ne prennent pas en compte les différentes particularités des économies africaines, notamment en ce qui concerne les chocs externes, les dettes domestiques, les retraites et autres arriérés, et la très faible base de revenus. Il est nécessaire de reconsidérer ces méthodes et d’impliquer davantage les Africains prenant part à ce développement, au niveau de croissance générale comme au niveau même de leur application.

L’allègement de la dette devrait être légitimement considérée comme une méthode de financement, parallèlement à l’approvisionnement de nouveaux fonds. Certains pays pourraient avoir recours à ces deux méthodes ; dans d'autres, seule l'une des deux pourrait suffire.

Dans cet objectif, les partenaires en matière de développement ainsi que les pays africains devraient mettre en application le programme HIPC de sorte à permettre aux pays identifiés de bénéficier d'un allègement de sa dette et pouvoir ainsi se concentrer sur le programme de croissance et de développement proposé, ainsi que les MDG.


Les ministres notèrent la présence de pays africains non identifiés par le HIPC jouissant également de très faibles revenus et dans lesquelles les imposantes dettes semblent s’être infiltrées au plus profond. Les Ministres demandèrent à la Commission africaine de développer une initiative à l’attention de ces pays et/ou, si nécessaire, de considérer leur situation au cas par cas en vue d’envisager les différentes solutions possibles pour l’allègement de leur dette.

Les Ministres remarquèrent que, pour pouvoir augmenter les dépenses, les flux de ressources devaient pouvoir être prévisibles. En cas d’augmentation des dépenses grâce à différentes bourses, différents accords doivent être signés entre les donateurs et les bénéficiaires des bourses afin de garantir la prévisibilité. De plus, les Ministres s’accordèrent sur le fait que les périodes de 3 ans définies par l'IDA ne sont pas suffisantes et qu'une période de 5 ans serait plus réaliste pour permettre une bonne planification. Les mécanismes de financement ne devraient pas se baser sur les cycles de financement des gouvernements donateurs.

Les Ministres prirent en compte le débat perpétuel sur la question des bourses par rapport aux prêts concessionnels pour les pays à faibles revenus, tout particulièrement les pays HIPC. Ils recommandèrent la catégorisation des pays en fonction de leurs possibilités de développement et de leurs performances économiques, ainsi que de leur accès aux différentes bourses et aux différents crédits, sur une échelle basée sur les deux critères ci-dessus.

Les Ministres identifièrent également le besoin d'entamer la mise en application de l'IFF avec "une coalition de pays volontaires". La composition initiale de l’IFF est absolument cruciale à la prévisibilité des ressources. D’autres mécanismes de financement, tels que l’impôt sur les flux financiers internationaux suggéré, seraient également les bienvenus et pourraient faire l'objet d'une étude ultérieure.

Les Ministres demandèrent également le développement du rôle de l'IFC et du MIG en collaboration avec l'IDA en vue d'appuyer le développement du SME, fondamental pour les pays africains.

Les Ministres reconnurent également l’effet de voisinage avec certains pays tels que le Nigeria, l'Afrique du Sud, l'Ethiopie, la République démocratique du Congo et le Soudan, et l'importance de prendre en considération l'impact de la stabilisation économique et politique de ces pays sur l’ensemble du continent.

Ce que doivent faire les pays africains

Jusqu’à présent, les pays africains n’ont pas participé activement à l’analyse de leurs propres problèmes, ni au développement de méthodes visant à les résoudre. Ils doivent donc jouer un rôle plus actif dans le programme de développement, que ce soit en définissant eux-mêmes les problèmes en question, en participant à la définition d’un cadre d’analyse ou dans la réalisation de cette analyse.

Les pays africains doivent se faire un devoir de continuer à encourager la transparence, la bonne gouvernance et la responsabilité financière. C’est le seul moyen d’aller de l’avant.

Les Ministres s’accordèrent sur la nécessité d’augmentation des économies domestiques afin de pouvoir assurer une meilleure base de revenus dans les différents pays. Parmi les mesures à adopter, on compterait l’identification et la clôture des boucles d’imposition et douanières, ainsi que l’élimination des différentes fuites d'argent. Des leçons ont pu être tirées des erreurs commises dans le passé en matière d'administration de la fiscalité et des douanes. De plus, la gestion des dépenses doit également être adressée.

Les Ministres s’accordèrent sur le fait que pour pouvoir exiger une prévisibilité des flux de ressources auprès de leurs partenaires, les Africains doivent eux-mêmes développer et mettre en place des politiques et des stratégies cohérentes et prévisibles. Les politiques régionales doivent dépasser la création de nouvelles institutions et encourager l’intégration régionale ainsi que la coopération internationale. L’accent a donc été mis sur la nécessité d’aller au-delà d’une mise en place des politiques individuelles au profit de la création d'institutions viables capables de garantir la stabilité de ces mêmes politiques.

Les Ministres s’accordèrent également quant à l'importance de la mise en place de mécanismes institutionnels visant à l'échange et au partage des différentes expériences entre les pays africains.

Les Ministres s’entendirent quant au fait qu’ils devraient se charger de la coordination des donateurs afin d’harmoniser les politiques de donation avec les stratégies de leurs pays.

Ils décidèrent également de se concentrer sur la réduction nécessaire des coûts commerciaux en Afrique afin d’assurer un environnement favorable au développement et à la réussite du secteur privé et d’assurer par là même la compétitivité du marché africain.

Les Ministres se mirent d’accord sur le fait que la demande de ressources doit s’accompagner d’un certain réalisme quant à la capacité d'absorption et à la différentiation au sein des différents budgets entre les secteurs capables mieux que d’autres d’absorber les flux de ressources supplémentaires.

En conclusion, les Ministres communiquèrent leur espoir quant au fait que la Commission Africaine prendrait en compte leurs opinions et leurs recommandations lors de l'élaboration du Rapport de la Commission.

Retour au Programme