Afin que la croissance des revenus se rapproche plus vite de l’objectif
de 7 % et que les objectifs du Millénaire pour le développement
soient atteints plus rapidement, le volume et la qualité de l’aide
extérieure en faveur de l’Afrique subsaharienne doiventradicalement
changer. Afin que l’aide soit absorbée efficacement, les augmentations
de l’aide au cours des 3 à 5 prochaines années doivent être
importantes et mesurées. Elles doivent également s’accompagner
d’une amélioration continue de la gouvernance dans les pays
bénéficiaires, de changements notables dans le comportement
des donateurs
et d’un processus d’apprentissage et d’évaluation.
L’expérience passée montre que l’aide peut être
mal versée et mal employée. Mais une aide plus importante
et de meilleure qualité peut favoriser des changements positifs,
comme le montrent les progrès réalisés récemment
dans de nombreux pays d’Afrique, dont le Sénégal,
le Mali, le Burkina Faso, le Ghana, le Bénin, l’Éthiopie,
l’Ouganda, la Tanzanie et le Mozambique. Dans ce chapitre, nous
proposons les mesures suivantes:
doubler les niveaux d’aide au cours des trois à cinq prochaines années, afin de compléter l’augmentation des niveaux de revenus nationaux résultant de la croissance et de l’amélioration de la gouvernance;
financer l’augmentation de l’aide en amenant les pays à allouer 0,7 % de leur RNB à l’aide officielle au développement, comme ils se sont engagés à le faire, en obtenant des ressources supplémentaires par le biais d’une facilité de financement internationale (FFI) et en développant des taxes internationales (une taxe sur les billets d’avion, par exemple) dont les recettes seraient consacrées au développement;
pour les pays pauvres d’Afrique subsaharienne qui en ont besoin, l’objectif doit être une annulation à 100 % de la dette le plus rapidement possible. Cette décision doit s’inscrire dans le cadre d’un programme de financement visant à aider ces pays, y compris ceux qui sont actuellement exclus des programmes d’allégement de la dette, à atteindre les OMD, comme promis à Monterrey et à Kananaskis. Le critère principal doit être que les fonds ainsi libérés servent au développement, à la croissance économique et à la lutte contre la pauvreté dans les pays qui travaillent activement à l’amélioration de la gouvernance;
améliorer radicalement la qualité de l’aide, en:
- renforçant les processus de responsabilité envers les citoyens dans les pays bénéficiaires;
- allouant l’aide aux pays où la pauvreté est la plus marquée et où l’aide peut être le mieux utilisée;
- offrant un soutien beaucoup plus prononcé à l’amélioration de la gouvernance dans les pays où les conditions ne sont pas actuellement favorables à une utilisation efficace de l’aide;
- canalisant plus d’aide sous forme de subventions, afin d’éviter l’accumulation de la dette;
- s’alignant plus étroitement sur les priorités, les procédures, les systèmes et les pratiques des pays bénéficiaires;
- octroyant l’aide de manière plus prévisible et plus souple à long terme;
- protégeant mieux les pays contre les chocs imprévus.
